Un déjeuner au restaurant Guy Savoy***

Un déjeuner au restaurant Guy Savoy***

Restaurant-Guy-Savoy-paris-Silencio

Il y a des fantasmes qui sont faits pour être réalisés. C’est faux dans presque tous les domaines, sauf en cuisine. L’envie persiste et un beau jour on se dit: “go”. C’est ce qu’il s’est passé pour Guy Savoy. Le rêve traînait depuis un bon moment et en voyant passer une offre déjeuner attractive, la décision a été immédiate: on-doit-aller-déjeuner-chez-guy-savoy. Rue Troyon, pour être exactes, dans l’antre du Maître, où se passent des choses étranges et belles autour de menus en 12 ou 18 plats. 

N’étant pas encore banquières, nous attendons le retour d’une offre magique pour réserver : celle de l’ouverture au déjeuner d’une table réservée aux internautes qui souhaitent découvrir la cuisine trois étoiles du Chef. Pour nous, c’est l’équivalent de « tous au restaurant », en mieux. Le pitch ? 110€ le déjeuner avec un choix de trois plats dans la carte, oui Madame, TOUTE LA CARTE. Les truffes ne sont pas cachées en cuisine et la sole est accessible. Clap sur le principe, déjà : dans les faits, c’est encore mieux. Le tout avec une sélection de vins au verre abordables et un accueil digne des tables voisines (comprendre celles qui s’offrent le 18 trous, mais n’est pas golfeur qui veut).

Les salles du restaurant sont surprenantes, car si le dressage des tables est classique, la décoration elle est très contemporaine: sur les murs, de grands tableaux jouent sur les matières et les couleurs. On pense rentrer dans du “traditionnel”, alors qu’on entre dans du “pop moderne” d’une grande élégance.

La beauté d’un déjeuner chez Guy Savoy

Décrire chaque plat dans le détail est presque inutile, tant c’est l’ensemble du travail qui est remarquable : les contrastes entre les températures et les textures, avec ce saumon « figé » sur la glace, consommé brûlant et ses perles de citron. Une cuisson par la glace complétée par l’assiette brûlante pour un poisson qui, au final, se coupe seul, d’une simple pression du couvert… Revisiter, réécrire, innover, surprendre : c’était déjà le cas avec l’huître en nage glacée et ses deux préparations, un voyage en une bouchée.

On se laisse prendre à l’alternance entre une cuisine classique et puissante et les plats innovants qui nous rappellent des souvenirs de la cuisine de Gaggan à Bangkok. Avec parfois ces touches colorées et contrastées qui évoquent un tableau avant de se laisser déguster, tel le Multicolore de betteraves autour du tourteau.

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“Ceux qui restent”

Et puis parfois se produit le petit miracle du plat dont tu sais qu’il restera gravé (comme le homard d’Alain Ducasse au Plaza Athénée ou la tarte au céleri d’Alain Passard), le plat qui t’arracherait une larme d’émotion et de bonheur : la soupe d’artichaut à la truffe noire, brioche feuilletée aux champignons et truffes. Par où commencer ? Sûrement par le parfum et la chaleur qui s’en dégagent, accompagnés par le croustillant de la brioche feuilletée sur laquelle on tartine du beurre truffé avant de plonger le tout dans la soupe et de fondre comme des bisounours. Onctueux, puissant et doux à la fois, le genre de plat qui parle à tes yeux, à ton palais, à ta gorge, puis qui descend doucement et devient un sujet de conversation immédiat et ad vitam. « la soupe de chez savoy, tu t’en souviens ? » ** yeux brillants ** Oui, on s’en souvient, avec la même certitude d’un baiser dont on sait qu’il va rester, voire même compter au point de placer la barre haute pour les suivants. Toujours là ?

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Et plus encore…

Bien sûr, il reste aussi la générosité du Saint-Pierre et de ses oursins chauds aux crosnes, tout en finesse, et les successions sucrées du pré-dessert et des desserts, que l’on demande chocolatés : le Noir donc, barre addictive aussi puissante que son nom l’indique, et le Fondant chocolat au pralin feuilleté et crème chicorée, aussi graphique que sensuel.

Vous le savez, quand on devient larmoyantes et érotiques dans un article, c’est que la table rentre dans nos adresses mémorables et que l’on économise déjà pour y retourner. Voilà, c’est dit.

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Le service : une équipe de choc

A établissement multi-étoilé, équipe de haut vol. Beaucoup d’attention donc, à l’image d’un amuse-bouche à boire comme un espresso et servi avec de l’encornet. Pas de calamar? Un deuxième amuse-bouche arrive, sans rien avoir dit… La précision des gestes et des descriptions, oui, mais également une forte dose d’humour et de sympathie ! Mention spéciale à Hubert, le délicieux maître d’hôtel, qui ajoute à l’expérience gastronomique la légèreté des heures qui passent, passent… 15h, déjà ? Prévoyez du temps chez Guy Savoy, et profitez-en !

Verdict Sex & the City

On y retourne. Dès que la tirelire « Save for Jesus » (pour ceux qui connaissent) est remplie, on se paie une expérience divine, « couleurs, textures et saveurs », « innovations, inspirations » ou autre… en attendant, on applaudit bien fort l’ouverture au déjeuner d’une offre à 110€ pour expérimenter la cuisine, la sélection de verres de vin dès 10€ et le fait que le jeu soit joué à fond, justement.

Informations pratiques

Restaurant Guy Savoy***

18, rue Troyon 75017 Paris

site web

Offre internautes au déjeuner : 110€, places limitées (1 table par jour), réservations sur internet

Menus à partir de 330€

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