“Alors, le Petit-Nice?” – Je ne sais pas…

“Alors, le Petit-Nice?” – Je ne sais pas…

De passage à Marseille, nous n’avons que pu réserver une table pour un déjeuner dans le seul restaurant triplement étoilé de la ville, l’incontournable Petit-Nice Passédat.

Bien sûr il y a la vue sur la mer, qui est saisissante, tant depuis la terrasse de l’établissement (qui fait partie du réseau Relais & Châteaux) que depuis la salle du restaurant, surtout si l’on a la chance d’avoir une table proche de la baie vitrée. Le Petit Nice est profondément lié à la Méditerranée, ce que confirment les différents menus – ne venez pas pour de la viande, pas ici, ce serait dommage.

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MAIS…

Nous avons dû rater quelque chose.

On nous dira sûrement que  la cigarette détériore notre goût (ou que l’on n’a pas de goût du tout, anticipons les salves dès maintenant!), mais malgré la finesse des cuissons et les jolies découvertes de poissons que nous étions loin de connaître (comme le mâchoiron, un poisson africain qu’il est quasi-impossible de consommer autrement qu’en le transformant), la surprise de goûter pour la première fois de l’anémone de mer, le voyage culinaire au Petit-Nice a sérieusement manqué de “claques” à chaque plat.

C’est très bon. Mais vient-on pour du “très bon”?

Peut-être est-ce le menu déjeuner (l’Anse de Maldormé, 85 euros hors boissons) qui n’est qu’un prélude, peut-être est-ce la récurrence de plusieurs plats à base de fritures… ? Toujours est-il que le déclic ne s’est pas fait.

Le problème, c’est qu’on ne réserve pas dans ce type de restaurant si on ne recherche pas un émerveillement permanent qui commence dès l’amuse-bouche.

Si nous avons beaucoup aimé différentes associations (notamment autour des tranches de pélamide), nous avons eu l’impression d’un déjeuner qui manquait d’émotion, à l’exception peut-être de la Daurade farcie aux sucs de viande, où on s’est enfin dit: “c’est parti”, en sentant les sucs entourer le bout de la langue, et l’accord parfait avec la pièce de daurade (tout en sauçant avec de très bons pains maison).

Peut-être qu’il faut s’offrir autre chose qu’un menu déjeuner pour apprécier la cuisine de Gérald Passédat à sa juste valeur.

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Détendons-nous… un peu?

Le Petit-Nice est un lieu qui peut faire un peu peur. Difficile de refuser un coca à 15 euros quand le prix est annoncé très sérieusement (ça vous fait vous sentir cheap). Bon, on a quand même zappé le coca.

Un peu d’humour, parfois? C’est aussi ça, la marque des grandes Maisons: s’adapter au type de clientèle.

Venir en plein dessert exiger une carte de visite parce que nous prenons des photos (ce que nous avions demandé au téléphone lors de la réservation) n’est pas acceptable. On ne fait pas de l’espionnage industriel, et promis, ce ne sera pas sur TripAdvisor, contrairement à d’autres tables (note pour plus tard: plus vous prenez un appareil pro pour rendre du mieux possible les plats d’un chef, plus les gens ont peur… que la haute définition rende moins bien qu’un iPhone, peut-être?)

“vous êtes journalistes? Il me faut une carte”

Euh… on mange, on découvre, on s’intéresse, on paie notre addition, quelqu’un prend des photos avec un petit appareil à la table d’à côté.

Et là, vous nous gâchez le dessert, la fraîcheur de fraises à la brousse.

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C’est anecdotique, mais : d’où vient cette panique soudaine?

Quitte à faire un accueil de lieu haut de gamme  (pro, mais froid), autant respecter les codes jusqu’au bout et ne pas venir exiger une carte en plein plat, même en fin de repas.

On est ressorties mal à l’aise et vaguement énervées, là où le maître d’hôtel de Guy Savoy nous avait fait rire 3 heures, là où l’équipe du Plaza Athénée nous avait vite mises à l’aise, là où Alain Passard nous avait improvisé une “petite salade de carottes râpées, goûtez moi-ça les filles” en nous connaissant à peine…

Heureusement, heureusement, l’accord mets et vins a été parfait de bout en bout, (ajoutez 35 euros au menu déjeuner), la sommelière passionnante et les découvertes régionales piles dans l’esprit de ce que l’on recherchait. Au programme notamment: une belle surprise entre un Domaine de Lauzières (Baux-de-Provence) ou encore un excellent verre de Château Mont-Redon 2011 (Châteauneuf du Pape, blanc).

Verdict Sex & the City

Le Petit-Nice Passédat manque peut-être de concurrence dans sa catégorie 3 étoiles, ou alors ce n’est juste… pas pour nous.

Le Petit-Nice Passédat

17, rue des Braves

13007 Marseille

Menu déjeuner à 85 euros (Anse de Maldormé)

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